C'est bon ça!

Deux gourmands à Paris...

mardi 23 octobre 2007

Chronique d'un repas au Châteaubriand

Voici un restaurant qui, depuis un bon moment, nous intriguait. Entre les critiques gastronomiques qui le portent aux nues (lues ici ou ) , et les échos déçus de certains gastronomes, il était temps que nous nous fassions notre propre opinion! Nous avons donc réservé notre petit bout de table bien à l'avance, comme il se doit, et c'est le coeur léger et les crocs acérés (une journée de diète avant... non, je blague!) que nous nous sommes rendus dans l'une des nouvelles cathédrales de la bistronomie parisienne pour un repas qui allait être c'est sur aussi décoiffant (ou décoiffé) que sont chef, j'ai nommé Inaki Aizpitarte.

L'ambiance ne manque pas, la salle est bondée, et, dans ce cadre de bistrot parisien vintage, les serveurs branchés-bobos s'agitent autour des bobos-branchés.

Le chef est là, il vient faire la bise à plusieurs clients et même fumer sa roulée (!!!) au comptoir du bar... oui car le restaurant est fumeur, inutile que vous dire que ce n'était pas pour plaire à nos papilles... mais bon, passons!

Arrive le menu, unique et imposé, en 5 services... Inaki aimerait cacher derrière des intitulés minimalistes des plats très créatifs, décoiffants et hors normes... on va bien voir! La carte des vins est assez courte, et les vins, bien choisis, proviennent des domaines en vogue du moment. Vu les trois premiers plats, MisterP. a choisi un "La vie on y est" (viognier) de chez Gramenon, un vin de table très bon et très original.

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Thon cru, fruits des bois, betteraves en trois couleurs

Voici la mise en bouche : le serveur s’approche, et nous chuchote à l’oreille : alors, du thon cru, des fruits rouges, de la betterave et une vinaigrette à la framboise. Thon cru et fruits rouges ? Je suis sceptique… Et pourtant le poisson est excellent, l’assaisonnement parfait les fruits rouges sont très parfumés (il y a même quelques petits grains de grenade !), et suffisamment acides pour un tel mariage. C’est vif, « sur le fil », surprenant… mais convaincant.

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Utah Beach, lardo di colonnata, oignons et pignons grillés bouillon de pdt.

Les Utah Beach arrivent ensuite dans leur « raviole » de lardo di colonnata, accompagnées d’oignons et de pignons grillés… et sont immédiatement recouvertes de bouillon de pdt chaud versé par le serveur. Nous sommes restés perplexes… les huîtres étaient charnues, le lard fondant et parfumé (une vraie découverte, ce fameux lardo di colonnata), mais l’ensemble… décevant. Les huîtres sont froides, le bouillon tiède refroidit très vite… on sent bien le goût iodé des fruits de mer, tout comme celui des oignons, lard et pignons, mais honnêtement le mélange des deux ne nous à pas convaincu...

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St-Jacques, pamplemousse, orange, jeunes poireaux, cubes de gelée de soja et de citron

Les saint Jacques qui suivent nous font rapidement oublier cette fausse note (voire même très rapidement, le serveur nous ayant pratiquement "arraché" l'assiette précédente!) : cuites à la perfection, elles s’accordent à merveille avec le pamplemousse, l’orange et les petits dés de gelée au citron et au soja. Bref, rien à dire, un plat parfaitement maîtrisé, graphique et vraiment réussi.

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"Boudin-purée"

L'énigmatique « boudin purée » arrive enfin : c’est donc d’une purée de vitelottes qu’il s’agit, surmontée du fameux boudin noir avec quelques chips et une moutarde au cassis. Le boudin est excellent (et pourtant je ne suis pas une grande amatrice), la purée un peu farineuse (mais c’est la vitelotte qui veut ça), et le tout très savoureux. Rien de génial, mais du très bon.

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Dessert au potimarron

Pour terminer : purée de potimarron, petits suisses, sirop d’érable et pistaches. Bon. J’adore le potimarron, surtout en purée, et, soyons honnêtes, le dessert était bon (ça m’a donné envie de racheter des petits suisses, qui me rappellent tant de souvenirs d’enfance !). Seulement, c’était peut-être un peu trop facile, trop "purée", et surtout ça manquait de croquant, de relief (car à mon goût les trois pauvres pistaches parsemées ne suffisaient pas à remplir un tel rôle !) et la présentation nous faisait un peu trop penser... à un hot dog!

Résultat des courses, on reste un peu sur notre faim... les produits utilisés sont d'une qualité irréprochable, les cuissons et assaisonnements parfaitement maîtrisés. Mais, à trop vouloir chercher l’originalité et surfer sur la vague du fooding en s'essayant à des accords discutables, Inaki oublie parfois l’harmonie des saveurs et la mise en valeur du produit.

Le menu unique changeant tous les jours, et vu l'inégalité de notre repas, à vous d'avoir la chance de tomber un jour où ce chef pas comme les autres aura su trouver l'inspiration.

Le Chateaubriand

129, av. Parmentier
75011 PARIS

Menu unique à 40 euros

Posté par Misscannelle à 08:17 - Tables de qualité - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires

    Et dire que moi aussi je t'ai ratée... Mais l'an prochain on essaiera de faire plus organisé, j'espère. Je flashe sur les ravioles de lardo di colonnata et ton reportage me donne des idées.

    Posté par mamina, dimanche 28 octobre 2007 à 08:29
  • Décidément, nous avons les mêmes adresses...Moi aussi, j'ai été déçue, il y avait du très bon et du franchement moyen. J'ai écrit une review sur mon blog, mais en anglais seulement.

    Posté par Foodie Froggy, samedi 2 février 2008 à 12:42
  • Le foodin lance des modes et en voici une, cela passera, je n'ai pas été seduit pas cette cuisine ni par le service.

    Posté par stephane, lundi 10 novembre 2008 à 09:08

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