C'est bon ça!

Deux gourmands à Paris...

mardi 21 juillet 2009

La Bigarrade

La Bigarrade est un restaurant dont on a beaucoup entendu parler cette année... Son chef, Christophe Pelé, est passé par Lasserre, Gagnaire et le Royal Monceau avant d'ouvrir son propre restaurant fin 2007. A peine un an plus tard, il obtient une première étoile et le Fooding le distingue meilleur chef de l'année 2008!

Ce restaurant de poche est entièrement ouvert sur sa cuisine, et, notoriété oblige, les places se réservent longtemps à l'avance... pour ma part, j'ai la meilleure de toutes : vue directe sur la préparation des plats! Dur de se concentrer sur ce que raconte sa moitié, lorsqu'on a devant soi un spectacle de grande cuisine, exécutée avec calme, technique et dextérité!

La Bigarrade

Christophe PELE (au centre) et GiulianoGiuliano SPERENZI, son second. Photo : L'internaute

La mise en bouche qui ouvre le repas est un rituel du restaurant : une foccacia tiède et moelleuse à tremper dans de l'huile d'olive de Naples très parfumée.

Pas de menu ni de formule : ici tout est imposé, selon l'humeur du chef, pour 65 euros sans les vins. A la manière des Kaïseki  (repas traditionnels) japonais, c'est une multitude de petites bouchées qui vont défilent devant vos yeux et vos papilles... impossible de toutes les analyser ni même de les photographier, c'est un vrai festival, coloré et magnifiquement présenté.

On déguste avec les doigts une Petite friture d'anchois servis avec du citron vert grillé ou encore un Poulpe grillé, divinement fondant, avec son condiment à l'ail noir...

Les saveurs iodées s'enchaînent avec un Bar mariné, poutargue de thon et fleurs de trèfle puis des Moules de bouchot, émulsion au citron et à la feuille de citronnelle. Du très très bon... Les cuissons sont justes, le produit est sublimé...

La Palourde, granité de verveine, cube de fraise amuse mais ne convainc pas : on ne sent plus le goût de la palourde.

Mise en bouche? Entrée? Nous sommes un peu perdus, et il est bien inutile de chercher une structure conventionnelle à ce repas... Il faut se laisser porter...

DSC00072bis

Le Homard, chlorophylle de roquette, chair de tomate zebra et fleur de bourrache est accompagné d'un condiment au yuzu et au piment.

DSC00073bis

Arrivent ensuite deux plats sublimes : Rouget et lardo de colonatta, chou fleur graffiti, condiment oignon-gingembreoignon-gingembre d'une part, et une Mousse de foie gras, gelée de bonite et fleur de bégonia de l'autre (La fraîcheur de la bonite atténue le côté "gras" en bouche du foie gras). Chacun d'entre eux est une vraie réussite, le goût du produit principal magnifiquement mis en valeur... Mais on nous conseille de les manger ensemble, ce qui nous était bien impossible, car le mélange n'étant vraiment pas harmonieux!

DSC00075bis

Tronçon de turbot, fleur de reine des prés, mini concombre et condiment citron. Nous découvrons le goût surprenant de la reine des prés, qui rappelle celui du sarrasin! C'est aussi une cuisine "fleurie" qui nous est proposée ici... Disséminées par petites touches sur ses plats, les fleurs contribuent à l'harmonie esthétique des plats.

DSC00076bis

La large place accordée aux produits de la mer n'est pas pour nous déplaire... on nous amène tout de même de fines tranches de viande de cochon pata negra à déguster juste comme ça, avec les doigts (qu'on se lèche tellement c'est bon), puis une Pintade, feuille de petit pois, épine vinette, haricots verts.

Après une très bonne assiette de fromages servie avec de la pulpe de framboise, nous passons aux desserts : Granité à la fraise des bois très réussi, Fromage blanc et émulsion de cassis jouant sur les textures, ou Crème passion-citronpassion-citron, surmontée d'un petit cube croquant et sucré, qui nous intrigue... il s'agit en fait d'un morceau de coeur de laitue!

DSC00081bis

La pêche est déclinée en jus, sorbet et pulpe. Le fruit est là, dans toute sa splendeur. Mais on ne peut s'empêcher de rêver de quelque chose de croquant, croustillant, qui apporterait du relief à ce plat monotexture...

DSC00085bis

Chocolat noir, sorbet citron vert-fenouilvert-fenouil et fleur de coriandre : osé, et réussi. Mais toujours pas de jeu sur les textures. 

Quelques ombres au tableau : un service froid et trop pressant, des plats annoncés sans passion ni explications (que nous ne manquions pas de demander au point parfois d'avoir l'impression d'être trop curieux) et l'abus du poivre en gros grains sur les plats qui est parfois venu casser la délicatesse des saveurs.   

Côté vins, la carte gagnerait à être un peu plus fournie, notamment dans la tranche de prix la plus basse... à moins de se laisser tenter par la formule à 125 euros, avec champagne, et verres de vins en accord avec les plats!

Audacieuse, la cuisine de Christophe Pelé fourmille d'idées, de fougue et de contrastes. Le chef prend des risques, on a la sensation qu'il veut tout essayer, tout nous faire découvrir - d'où la quantité de petites bouchées qui constituent ce repas.

Cette multiplication des plats et des saveurs nous a lancé dans un grand débat. Où s'arrête la recherche de l'harmonie parfaite entre les saveurs et de la mise en valeur du produit, et où commence la simple juxtaposition des goûts? Bien sûr, le palais est seul juge et les avis sont donc partagés...

Ambitieuse, cette cuisine veut jouer dans la cour des très grands. C'est pour l'instant un excellent rapport qualité-prix pour une myriade de bouchées cuisinées par un chef talentueux, mais l'on sent l'abmition qui point derrière. Il lui manque encore, à notre avis, un peu de maturité.

La Bigarrade

106, rue Nollet

75017 Paris
Tel : 01 42 26 01 02

Posté par Misscannelle à 23:00 - Tables de qualité - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 7 juin 2009

Maqueraux et aubergines grillés, sauce à l'estragon

Une recette estivale simplissime, qui joue sur le contraste entre la fraîcheur de la sauce et les notes grillées des maquereaux et des aubergines...

IMG_5774

Pour 4 personnes:

  • 4 beaux maquereaux vidés
  • Un sachet d'aubergines grillées picard ou 2 belles aubergines coupées en tranches et grillées au four
  • 2 yaourts à la grecque
  • 1 bouquet d'estragon
  • 2 cuillères à soupe de moutarde à l'ancienne
  • 1/2 concombre

Préparer la sauce en mélangeant les yaourts à la grecque avec la moutarde, l'estragon finement haché et le concombre épépiné et coupé en petits dés. Saler et poivrer.

Badigeonner les maquereaux d'huile d'olive, et les faire griller sous le grill du four pendant une quinzaine de minutes (selon leur taille).

Déposer les maquereaux sur un lit d'aubergines grillées, ajouter éventuellement un trait de vinaigre balsamique, et servir avec la sauce à l'estragon, qui viendra rafraîchir la chair dense et grillée du maquereau... un bonheur tout simple, mais délicieux!

IMG_57892

Posté par Misscannelle à 22:50 - La mer et ses poissons - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 25 mai 2009

Salade de crabe aux courgettes et aux herbes

Oyez, oyez! Le printemps est bien installé, et les petits pois frais sont sur tous les étals : n'hésitez pas à les croquer crus, ils sont délicieusement sucrés! Et laissez-en tomber quelques uns dans une petite salade bien fraîche comme celle-ci...

IMG_5114

Pour 2 personnes :

  • 4 petites courgettes vertes
  • 100 g de chair de crabe
  • Herbes fraîches: ciboulette, persil, basilic, menthe
  • 2 avocats
  • 2 belles poignées de petits pois frais
  • Le jus d'un citron
  • Huile d'olive et vinaigre de cidre
  • 1 cm de racine de gingembre frais
  • Quelques graines germées pour le décor

Détailler les courgettes en fines tagliatelles à l'aide d'un économe. Faire bouillir un grand volume d'eau y plonger ces tagliatelles pendant 2 minutes. Les plonger ensuite immédiatement dans un grand volume d'eau glacée et bien les égoutter. Hacher finement les herbes et la racine de gingembre, écosser les petits pois, couper les avocats en dés et les arroser de jus de citron. Mélanger tous les ingrédients en salade, et dégustez.

IMG_5099

Et cette recette est aussi ma participation au concours "Les salades de l'été" organisé par Guylaine de Cuisine Guylaine jusqu'au 30 Mai prochain. 

Posté par Misscannelle à 08:03 - Entrées - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 5 mai 2009

Artichauts farcis à la ricotta et aux amandes grillées

"La alcachofa 

de tierno corazón

se vistió de guerrero,

erecta, construyó

una pequeña cúpula, ..."

"L'artichaut au coeur tendre s'est vêtu en guerrier, droit,

il a construit un petit dôme, il est resté imperméable sous ses écailles [...]

Une écaille après l'autre nous dévêtons le délice et mangeons

la pâte pacifique de son coeur vert."

Pablo Neruda, Odas Elementales.

IMG_5202_copie

Pour 4 personnes:

  • 8 artichauts violets
  • 200 g de ricotta (di bufala chez Monoprix gourmet, le goût est incomparable!)
  • Les zestes d'une orange et d'un citron
  • 1 cuillère à soupe de crème fraîche
  • Quelques brins de persil, ciboulette, basilic et menthe finement hâchés
  • 80 g d'amandes
  • Sel et poivre

Enlever les feuilles les plus dures des artichauts, les couper à 3cm du haut, puis parer les tiges en laissant environ 2cm. Frotter les artichauts avec un demi citron et les faire cuire à la vapeur 25 à 30 minutes jusqu'à ce qu'ils soient bien tendres.

Dans une poelle antiadhésive, faire griller les amandes à sec, laissez-les refroidir avant de les hâcher. Mélanger la ricotta, les amandes, la crème fraîche, les zestes d'agrumes finement râpés, et les herbes, saler et poivrer.

IMG_5193_copie2

Enlever délicatement les feuilles du centre des artichauts, et retirer également le foin si celui-ci est important. Garnir les artichauts avec la farce à la ricotta, les déposer dans un plat à gratin, et les arroser d'un filet d'huile d'olive avant de les passer 5-10 minutes sous le grill d'un four bien chaud.

Servir les artichauts tièdes, généreusement poivrés et arrosés de quelques gouttes de jus de citron. 

IMG_5184_copie

Le délicieux livre de Monique Zetlaoui "Exquis promeneurs entre Levant et Ponant" nous raconte le long voyage qui mena l'artichaut jusqu'à nous : un récit émouvant, poétique et passionnant, illustré par de superbes aquarelles.

On y découvre également l'histoire du coing, de l'abricot, du basilic, de la grenade... ainsi que des recettes d'hier et d'aujourd'hui.

Un livre magique.

Posté par Misscannelle à 07:30 - Entrées - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 22 février 2009

A la recherche du Diamant Noir...

Envie d'une petite escapade authentique et savoureuse?

Rendez-vous à Richerenches, dans le Vaucluse, à la recherche d'un trésor que la cité médiévale garde bien gardée: la rabasse, ou tuber mélanosporummélanosporum, ou encore, plus simplement, la truffe noire...

IMG_4455copie

Capitale mondiale de la truffe et "site remarquable du goût", Richerenches accueille depuis bien longtemps un marché aux truffes, chaque samedi matin de novembre à mars.

Les négociations vont bon train et dans les ruelles du village se répand une odeur envoûtante...

Inutile de vous dire que les prix n'ont rien à voir avec ceux qui sont pratiqués dans certaines boutiques, à Paris notamment!

IMG_4608copie

Et, une fois en possession du précieux trésor, on peut continuer ses pérégrinations gourmandes dans les environs... après avoir mangé une monstrueuse pizza à la truffe au restaurant "La truffe noire" du village de Grillon tout proche, il tient du devoir moral d'aller faire un tour dans les vignobles alentour!

Au domaine du Sang des Cailloux, à Vacqueyras, vous rencontrerez un vigneron passionné, Serge Férigoule. Ne partez pas sans déguster sa Cuvée Lopy, un grand Vacqueyras rouge, qui tient la dragée haute aux plus grands Châteauneuf du Pape, ni son Vacqueyras blanc: "Un sang blanc", époustouflant et rare. Sans oublier le Domaine de Durban, pour déguster un Muscat de Baumes de Venise parfumé à souhait...

Bonne ballade!

Posté par Misscannelle à 20:23 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 25 décembre 2008

Macarons de Noël: au potimarron et à l'orange amère

Pas de long bla-bla en ce jour de fête, mais quelques petits macarons, juste pour le plaisir...

IMG_4069

Potimarron et orange amère: un savoureux mariage, avec une pointe de cannelle, pour être tout à fait dans l'esprit de Noël!

IMG_4023

Pour les coques:

  • 3 blancs d'oeufs mis au frais depuis 3-4 jours, ou passés 15 secondes au micro-ondes (position décongelation)

  • 215 g de sucre glace

  • 125 g de poudre d'amandes

  • 30 g de sucre en poudre

Mixer le sucre glace et la poudre d'amandes ensemble le plus finement possible. Tamiser ce mélange. Monter les blancs en neige ferme, en incorporant une cuillère à soupe de sucre dès que le fouet laisse des marques, puis en ajoutant le reste du sucre tout en fouettant à vitesse maximale. Si vous voulez ajouter un colorant, c'est à ce moment là qu'il faut l'incorporer aux blancs d'oeufs et continuer à fouetter quelques secondes. Arrêter le batteur lorsque le mélange est lisse et brillant, et que le fouet fait un "bec" (un pic) lorsqu'on le retire. 

Incorporer ensuite les poudres aux blancs d'oeufs, petit à petit à l'aide d'une maryse, en prenant soin de ne pas casser les blancs et en soulevant toujours l'ensemble de la masse pour mélanger. Verser la préparation dans une poche à douille, et déposer des dômes de pâte sur une plaque recouverte de papier sulfurisé. Pour plus de précision, j'avais tracé des cercles au compas au dos des feuilles de papier sulfurisé (pour éviter les macarons collés, penser à bien les espacer!). Laisser croûter au minimum une demi heure, ou, mieux, toute une nuit. Faire cuire les macarons à four préchauffé à 150° environ 13 minutes (mais chaque four est différent, donc bien surveiller leur cuisson).

IMG_4016

Garniture de potimarron à l'orange amère:

  • 200 g de chair de potimarron

  • 50 g de sucre

  • 2 cuillères à soupe de confiture d'orange amère

  • 1/2 cuillère à café de cannelle en poudre

  • 2 g d'agar-agar (une cuillère à soupe rase)

Faire cuire la chair de potimarron à l'eau bouillante et la réduire en purée. Ajouter le sucre et l'agar-agar délayé dans une cuillère à soupe d'eau. Bien mélanger et porter à ébullition pendant une minute. Ajouter ensuite la cannelle et la confiture d'orange amère, et laisser tiédir (mais pas complètement refroidir) avant de garnir les coques des macarons.

IMG_4037

Joyeux Noël!

Posté par Misscannelle à 22:03 - Bouche sucrée? - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 14 décembre 2008

Un repas dans les cuisines du Meurice

Fooding = Food + Feeling. Vous avez sûrement déjà entendu parler de ces agitateurs de papilles qui organisent chaque année la Semaine du Fooding. Entre autres animations cette fois-ci, deux couverts étaient dressés chaque soir dans les cuisines de plusieurs grands restaurants historiques parisiens, pour que deux petits veinards aient la chance de pouvoir déguster un repas de chef tout en voyant les plats se préparer sous leurs yeux! Plus rapides que l'éclair sur le site du Fooding, nous avons réussi à décrocher deux places pour les coulisses... du Meurice!

C'était LE palace parisien qui nous attirait le plus (sur le plan gastronomique, bien sûr), avec à sa tête Yannick Alleno, un jeune chef qui a le vent en poupe: Meilleur Ouvrier de France, chef de l'année 2008, il nous a accueilli très chaleureusement dans ses immenses cuisines où il dirige une brigade de 74 personnes. Et nous nous retrouvons assis à une superbe table dressée dans le bureau du chef, qui dispose d'une grande "fenêtre" sur les cuisines...

DSC00719v2

La salle de restaurant du Meurice a beau être l'une des plus belles de Paris, nous avions sans aucun doute la plus belle vue possible pour déguster un repas triplement étoilé... arrosé de champagne Moët et Chandon (dont du vintage 2003) à volonté!

DSC00700v2

Jolie vue, n'est-ce pas?

DSC00697v2

Un spectacle fascinant, vraiment. Une ambiance surchauffée rythmée par des "oui chef!", des homards qui plongent dans d'énormes marmites bouillonnantes, des dizaines de foie gras découpés en quelques minutes, la précision et la rapidité des gestes, la minutie lors du dressage, la hiérarchie de la brigade que l'on devine... Nous sommes captivés.

Pourtant, le spectacle qui se déroule dans nos assiettes est tout aussi intéressant:

DSC00644

Fins coquillages ouverts à cru au corail d'oursin, gelée de chou rouge relevée au genièvre

Un plat magnifique, tant sur le plan visuel que gustatif (malheureusement la photo ne lui rend pas honneur). C'est toute la mer au bout de la fourchette... de petites "perles" d'eau de mer éclatent en bouche, et le goût du chou rouge et du genièvre viennent donner du relief au saveurs iodées des moules, huîtres, coquillages et langues d'oursins.

DSC00651

Noix de coquilles saint-jacques dorées au poêlon, linguine crémées

La simplicité et la perfection réunies... sous une écume de truffe blanche.

Yannick Alleno s'essaye également au design culinaire: il a notamment créé sa propre ligne d'assiettes (qu'on apperçoit sur les photos), et il s'est rapidement éclipsé dans la soirée afin d'aller recevoir un trophée de l'innovation pour ses plateaux de service en carbone, ultra-légers et incassables... Décidément, ce chef est un gagnant!   

DSC00663v2

Bar braisé au fenouil, pommes de terre marinées aux oignons doux et iodées au corail d'oursin

Un bar cuit à la perfection, qui révèle toute sa saveur...

DSC00670

Foie gras de canard iodé en pain de sucre...

DSC00673v2

... et son chutney de navet aux algues vinaigrées

Un foie gras "iodé"? Un condiment aux algues? Le dosage est parfait, et ces saveurs viennent sublimer le goût du foie gras.

DSC00686v2

Suprême de volaille de Bresse, fragula liées au beurre de truffe blanche

Le chef compose son menu dégustation en fonction des produits de saison, et c'est justement la pleine saison de la truffe blanche... nous souffrons beaucoup!

DSC00694

Brie de Meaux foisonné à l'huile de truffe blanche, salade de jeunes pousses

DSC00713v2

Mousse légère de marron rafraîchie à la mandarine, segments glacés et jus en petites perles acides

Marron - mandarine : l'harmonie parfaite.

DSC00723v2

Crème tendre de chocolat noir en coque précieuse, blanc manger acidulé au citron

Un dessert très "palace"... nous sommes au Meurice, ne l'oublions pas!

DSC00701v2

La cuisine de Yannick Alleno nous a surpris par sa justesse et sa simplicité. La seule règle est la mise en valeur du produit, sans fioritures inutiles ni multiplications de saveurs, le tout parfaitement maîtrisé et millimétré.

Nous avons passé une soirée unique, inoubliable... que dire de plus?

DSC00747v2

Merci le Fooding!

DSC00730v2

Posté par Misscannelle à 10:19 - Tables de qualité - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 30 novembre 2008

Tartelettes à la bergamote et aux noisettes grillées

Un épicier Italien plus que sympathique m'a donné l'autre jour des bergamotes fraîches, en provenance directe de Calabre: rien ne pouvait me faire plus plaisir... L'odeur terriblement envoûtante de ce fruit frais est bien plus subtile et concentrée que celle de l'extrait de bergamote, qui parfume par exemple les bonbons de Nancy ou le thé Earl Grey.

Pour profiter au maximum du précieux parfum de cet agrume mythique, j'en ai fait un onctueux "curd", déposé sur une pâte sablée au zestes de bergamote... avec quelques noisettes grillées, on touche au sublime.

IMG_3692_copie

Pour 4 tartelettes:

La pâte sablée aux zestes de bergamote:

  • 50 g de beurre
  • 10 g de sucre en poudre
  • 20 g de sucre glace
  • 1 petit oeuf
  • 100 g de farine
  • Les zestes d'une-demi bergamote

Travailler la farine, les oeufs, les sucres et le beurre fondu au robot jusqu'à l'obtention d'une pâte bien lisse. Ajouter les zestes coupés en très fins morceaux et retravailler quelques instants la pâte pour bien les incorporer. L'idéal est de laisser reposer la pâte une nuit au frais. Fariner le plan de travail, étaler la pâte au rouleau et la répartir dans des moules à tartelettes beurrés et farinés. Piquer les fonds de tarte et les faire cuire 10 minutes à 180°.

IMG_3736_copie

Le bergamote-curdbergamote-curd:

  • 0,5 dl de jus de bergamote
  • Les zestes d'une-demi bergamote (ou plus!)
  • 50 g de beurre
  • 1 oeuf
  • 50 g de sucre
  • 1 cuillère à café de maïzena

Mélanger le sucre et les zestes de bergamote. Ajouter la maïzena, le jus de bergamote et l'oeuf battu en omelette. Faire chauffer ce mélange à feu doux, sans cesser de fouetter, jusqu'à ce que le mélange épaississe. Hors du feu, ajouter le beurre en petits morceaux,et  verser sur les fonds de tartelettes cuits. Répartir quelques noisettes grillées sur le dessus des tartelettes, et laisser refroidir.

IMG_3762_copie

Si vous êtes à la recherche de bergamotes fraîches à Paris, essayez d'aller voir Pepe, avec un peu de chance il en aura ramené quelques unes de son dernier voyage en Calabre:

Chez Pepe

30 rue Traversière

75012 Paris

01 43 47 31 69

Et si, par malheur, il n'en a pas, ne partez pas sans goûter à ses délicieuses spécialités (les pizzas sont à tomber)...

Si vous connaissez d'autres adresses parisiennes où l'on peut trouver des bergamotes fraîches en saison, je suis preneuse!

Posté par Misscannelle à 15:43 - Tartes sucrées - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 10 novembre 2008

Repas à L'Astrance, chez Pascal Barbot

Une chose est sûre, Pascal Barbot et Christophe Rohat aiment les devinettes. Un repas à l'Astrance est, bien sûr, avant tout une expérience gastronomique de haut niveau, mais il se transforme rapidement en un petit jeu d'énigmes, auquel on se laisse prendre avec grand plaisir... pour mieux se faire inviter à la découverte.

Découverte de saveurs inédites venant des quatre coins du monde et d'une cuisine très personnelle, juste et épurée. Devinettes autour des verres de vin, servis à l'aveugle avec chaque plat par un sommelier malicieux (Alexandre Jean, sommelier de l'année 2009 dans le Gault et Millau), qui vous demande, avant de commencer, si vous êtes joueur.

L'Astrance est un petit restaurant de poche, 25 couverts seulement, qui sont donc convoités plusieurs mois à l'avance. Notre table se situait sur la minuscule mezzanine du restaurant, le meilleur endroit sans hésitation pour un dîner romantique sur une banquette toute ronde avec vue sur la salle en dessous. Je m'excuse par avance pour la mauvaise qualité de mes photos, mais ce soir là nous étions plus d'humeur à profiter du repas qu'à sortir le reflex numérique pour prendre les plats sous toutes les coutures!

IMG_0183bis

Nous commençons le repas avec un verre de Chablis Villages ayant la puissance et la concentration d'un premier cru. La première mise en bouche est une crème de courge sur un yaourt aux graines de moutarde et sous une espuma au parmesan.   

Foie_gras

(Photo: www.entrechefs.fr)

Foie gras mariné au verjus, fine galette de champignons de paris et pomme, condiment au citron grillé et huile de noisette

Arrive ensuite le plat emblématique de l'Astrance, et l'on comprend vite pourquoi. L'harmonie des saveurs est inédite, le goût du foie gras tout comme celui du champignon de paris cru sont parfaitement mis en valeur... et une fine couche de feuilles de brick vient apporter du croustillant: tout en finesse. La recette est ici, et j'ai bien envie de l'essayer!

IMG_0186copie

Homard, légumes d'automne, condiment aux arachides et vinaigrette aux agrumes

La salade de homard juste poêlé, avec ses légumes d'automne, une pâte d'arachide et vinaigrette aux agrumes est un vrai festival de couleurs et de saveurs. On croit reconnaître la feuille de combava dans cette pâte d'arachide, condiment parfumé qui sublime le homard... et dans la vinaigrette aux agrumes, on se demande si il n'y aurait pas une pointe de yuzu... Le chef nous donnera raison à la fin du repas! Le vin qui accompagne le homard a un nez imposant de paille coupé, en parfaite harmonie avec le plat, nous désoriente totalement. Il s'agit en fait d'un Côteau de la Loire (le cépage est le chenin).   

IMG_0188v2

Turbot, cacahouète, chou et carotte, condiment mangue papaye

Pascal Barbot aime jouer avec les condiments: il dépose sur les bords de ses assiettes de vrais concentrés de saveurs, qui viennent révéler les plat par petites touches, comme ce condiment mangue papaye que chacun peut doser selon son goût. Avec ce poisson, le sommelier nous sert un Reisling grand cru Wineck-Schlossberg 2004 de chez Clément Klur (au moins, cette fois, nous avons trouvé le cépage!). 

IMG_0190copie

Tronçon de sole au tamarin et navet japonais

Et de quel agrume peuvent bien venir ces zestes, finement râpés sur le tronçon de sole? Combava? Pour le vin, il s'agit d'un Condrieu, Les Terrasses du Palat 2006 de François Villard.    

La valse des poissons se termine et l'on nous amène un foie gras poêlé, noix et cèpes, lentilles et chorizo qui s'avèrera moins convaincant à notre goût que les autres plats. Le vin servi alors possède une étonnante acidité, avec beaucoup de pureté... et nous nous avérons bien incapables de trouver qu'il s'agit là d'un Brunello di Montalcino 2000 de chez Conti Costanti, un très beau vin.   

IMG_0194v2

Volaille de chalans, curry noir, légumes japonais

La volaille de chalans, fondante à souhait, est servie avec le "curry noir", une création de Pascal Barbot à base de miso, et qui contient une vingtaine d'ingrédients différents... mais lesquels??? Café, chocolat, réglisse? Épices, légumes, condiments? On goûte, on regoûte, on suppose, on débat... mais, surtout, on se régale. 

IMG_0197v2

Compotée de lièvre à la royale

La compotée de lièvre se déguste à la cuillère, comme une gourmandise. On renonce finalement à chercher les mystérieux ingrédients qui peuvent composer cette sauce complexe, épaisse et terriblement gourmande sans être écoeurante, sous laquelle se cache un gibier fondant. 

IMG_0198copie

Sorbet piment citronnelle gingembre

Un sorbet frais et piquant à la texture aérienne nous permet de passer du salé au sucré... pour goûter à des desserts gourmands et régressifs à souhait, accompagnés d'un vin puissant aux notes de figue et de café, qui nous fait penser à un Pedro Ximenez... pas loin! Il s'agissait d'un Oloroso.   

IMG_0199v2

Sabayon au chocolat, tarte au sucre

IMG_0203v2

Vacherin au chocolat, gingembre et praliné, crème à l'amandon de pruneau

Le repas se termine avec une belle assiette de fruits frais, chose assez rare dans ce genre de restaurant mais fort agréable, un lait de poule au jasmin et des petites madeleines au miel de châtaigner... Et Pascal Barbot est là, aimable et disponible... pour répondre à toutes nos interrogations!

L'Astrance

4 rue Beethoven

75016 Paris

01 40 50 84 40

Posté par Misscannelle à 08:00 - Tables de qualité - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 1 novembre 2008

Salade de topinambours crus aux noix et citron confit

Pas de nouvelle recette sur ce blog depuis plus d'un mois, quel laisser-aller!! Il faut dire que l'entrée dans la vie professionnelle ne me laisse plus beaucoup de temps pour cuisiner... à mon grand regret.

Voici tout de même une petite idée de salade ultra simple mais fraîche et acidulée, pour réveiller nos papilles endormies par le froid et la grisaille...

IMG_3593_copie

Pour 4 personnes:

  • Une dizaine de petits topinambours
  • 2 cuillères à soupe d'huile de noix
  • Une cuillère à soupe de vinaigre de cidre
  • Une poignée de noix concassées
  • 3 belles rondelles de citron confit coupées en petits cubes

Éplucher les topinambours et les réserver dans une eau citronnée pour éviter qu'ils ne noircissent. Les râper finement à la mandoline, et y ajouter tous les autres ingrédients. Bien mélanger et servir aussitôt. 

Posté par Misscannelle à 13:04 - Entrées - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



Page suivante »